INTERVIEW PRODUCTEUR

François Blanchon – Producteur de légumes anciens à Dunkerque
Référencé Jardin d’Ici

C’est à Dunkerque que depuis plus de 20 ans, François Blanchon produit sur 10 hectares des légumes.

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Pouvez-vous nous dire depuis combien de temps vous cultivez des légumes et comment vous avez commencé votre exploitation ?

On  est installé depuis 1992. On ne faisait que quelques légumes à la base (radis, pomme de terre, salade, chou-fleur, tomate…). Le changement s’est vraiment fait en 2003 quand on a créé notre vente directe. Je me souviens m’être fait le pari de produire tout ce qui était possible de produire dans le Nord pour mes clients. À cette époque, Charlet travaillait déjà avec moi sur les légumes de base et m’a accompagné dans la mise en production de nouveaux légumes : tous les ans, on rajoutait des légumes à notre production. Nous sommes d’ailleurs toujours dans la recherche de nouveaux légumes à cultiver comme, la poire de terre qui va arriver la saison prochaine, radis / navet japonais.

Notre magasin est vraiment un laboratoire de test : nous faisons goûter aux clients directement.

 

Comment vous est venue l’idée de cultiver des légumes anciens ?

Tout petit, j’avais 10 ans, je savais que je voulais faire maraîcher. Mes copains regardaient des BD, moi je regardais des bouquins de légumes. Quand je me suis installé je me suis rendu compte que je ne pouvais pas tout faire (tester des légumes, cela coûte cher), mais le fait de lancer la vente directe m’a permis d’avoir des retours consommateurs qui m’ont aidé à définir les cultures que je pouvais faire et ainsi réaliser mon rêve de gosse !

Au début, notre exploitation n’était pas très grande. Il fallait donc optimiser la surface pour produire des produits différenciés. Le premier légume ancien, je me souviens, était le topinambour. J’étais l’un des premier à le lancer dans la région, puis sont venues les carottes couleur et ainsi de suite. J’ai vu que ça plaisait et je me suis vite pris au jeu moi aussi.

Il y a aussi des cultures qui ne sont pas appropriées selon le sol.

Il faut de la modernisation pour permettre la rentabilité de la culture de ces produits spécifiques que sont les légumes anciens.

 

«IL FAUT APPRENDRE LA MAÎTRISE DE LA CULTURE.»

Qu’est ce qui change dans le fait de cultiver des légumes anciens plutôt que des légumes standards ?

C’est beaucoup plus compliqué. Il faut apprendre la maîtrise de la culture, il faut se mécaniser autrement pour la culture et l’arrachage. Il n’y a pas de procédure définie. Il faut continuellement tester jusqu’à ce qu’on trouve la bonne solution. Le produit est aussi différent. Il évolue différemment. De plus, on recherche à produire un légume qui donne un maximum de goût.

Par exemple, le salsifis et la scorsonère sont des racines très longues, ce qui implique que l’on a énormément de mal à maîtriser la culture et un arrachage très difficile. Cela demande beaucoup de travail manuel (binage manuel) et il faut des terres très sableuses.

Par exemple le topinambour ne gèle pas, c’est pour ca que c’était un légume qui se consommait beaucoup en temps de guerre et de gel.

 

Avez-vous rencontré des difficultés à vos débuts avec la culture de légumes anciens ?

Oui beaucoup. Au départ, j’ai jeté beaucoup de légumes parce que je ne maîtrisais pas leur culture. Maîtriser un légume ne se fait pas du jour au lendemain. Aujourd’hui encore, je travaille sur la maîtrise du produit, j’améliore en permanence mes cultures pour les optimiser et les produire avec un maximum de goût.

La commercialisation aussi a été difficile, parce que les consommateurs ne connaissaient pas les produits. On ne vend pas du jour au lendemain. On doit faire attention à ce qu’on plante. Il faut faire découvrir les produits, cela prend du temps. C’est un suivi que l’on doit faire sur une période de test. Il faut prévoir de petites quantités au début pour commencer. Mais même après, on n’est jamais sur de pouvoir vendre toute la production car nos produits sont très différents.

Il ne faut jamais oublier aussi que l’on produit aussi pour faire vivre sa famille

On est toujours dans la recherche de l’amélioration. Depuis que je travaille les légumes anciens, je trouve une quantité de techniques que je teste et que j’améliore au fil du temps. C’est beaucoup d’énergie mais ca vaut le coup ! J’adore ca !

 

Qu’est-ce que les légumes anciens peuvent apporter de plus que les légumes traditionnels ?

On a un légume très différencié, ce qui amène de nouveaux marchés en tant que producteur. Nous avons aussi les terres appropriées pour cultiver ces légumes dans une qualité optimale avec de bons rendements. De l’innovation également, cela permet de diversifier l’assiette pour donner aux consommateurs d’autres produits à goûter, une gamme plus large qui plaît aux restaurateurs qui sont curieux. C’est une force pour la filière des légumes. On revalorise la filière avec de la nouveauté et, locale en plus de ça !

Carotte locale

La Betterave

Radis local

«UNE CULTURE TRÈS TRÈS LONGUE QUE L’ON DOIT ABSOLUMENT APPRENDRE À MAÎTRISER.»

Que cultivez-vous actuellement ? Faites vous des essais avec des nouveaux légumes en ce moment ?

Je cultive actuellement des carottes pleine terre et du topinambour que l’on fini d’arracher bientôt. Le radis noir a été en terre jusque fin décembre et est aujourd’hui en frigo où il se conserve très bien à une température de 0.5 degré.

Un légume qu’on va bien développer, c’est le radis readmeat : un radis légèrement rose avec l’intérieur complètement rose (coupé style carpaccio, très bon) / Potentiel énorme

Nous allons lancer la culture de la poire de terre : c’est au niveau technique culturel, le légume le plus dur à faire pousser parce que ça reste un légume plus ou moins des pays chauds et le climat ici n’est pas le plus propice. Mais, j’ai une petite idée pour réussir à le faire pousser !

On a du mal aussi à lancer le Chicorée tête d’anguille : goût trop amer. On a très peu de retour pour augmenter la production. L’année prochaine, nous en ferons mais en quantité plus petite car nous avons quand même quelques consommateurs intéressés.

On étudie aujourd’hui la possibilité de cultiver le crosne ! Une culture très très longue que l’on doit absolument apprendre à maîtriser.

Variété de tilk : carotte

 

D’après-vous, pourquoi le consommateur aurait intérêt à goûter vos légumes anciens ? Quelles sont leurs particularités ?

On a un terroir qui est très bon pour nos légumes et pour la saveur. On est en culture raisonnée pour éviter le maximum de traitements.

On a un livre avec plein de recettes pour les légumes anciens, (dont je vous partage quelques recettes ici) on sait les mettre en valeur et aujourd’hui, c’est ce qui fait la différence : de pouvoir goûter de nouveaux produits et d’expérimenter de nouvelles recettes.

Par exemple, au niveau des carottes, il y a différentes variétés, plusieurs couleurs : il y en a pour tous les gouts au niveau des saveurs. Cela change des produits standardisés. On ne peut plus dire “je n’aime pas la carotte” si on n’a pas goûté a TOUTES les carottes : elles sont très différentes.

 

«SI J’EN SUIS LÀ AUJOURD’HUI, C’EST EN PARTI GRÂCE À CHARLET.»

Enfin, nous sommes ravis de travailler avec vous depuis des années. Pouvez-vous nous dire ce que représente Charlet à vos yeux ?

Je travaille avec Charlet depuis près de 18 ans. Pour moi Charlet est vraiment l’entreprise qui m’a accompagné dans mes cultures. Elle m’a permis d’innover et d’améliorer la qualité de mes produits.

Je n’oublie jamais que Charlet m’a donné ma chance pour me développer et me moderniser. Si je suis encore là aujourd’hui, c’est en parti grâce à Charlet. Je n’ai jamais été déçu par Charlet. J’ai toujours pu compter sur vous et aujourd’hui je n’oublie pas la relation proche que j’ai avec vous.

La force de Charlet, c’est aussi la logistique intégrée (Houssoye transports), qui a un rayonnement régional très fort et permet une ramasse et une distribution facilitée.